Dans l’Antiquité gréco-romaine, magiciennes, ensorceleuses ou empoisonneuses tissent les fondements d’une histoire sans fin, entre puissance, protection, méfiance et désir de vengeance. Prenez Hécate, « mère des sorcières », déesse de la nouvelle lune ou lune noire. Liée à la mort et à la renaissance, elle protège les carrefours et guide les esprits.

Plus tard, au Moyen Âge, il n’y a pas encore de chasse aux sorcières organisée, mais déjà des figures marginalisées. Les guérisseuses, « bonnes femmes », sages-femmes, croisent les regards suspicieux du pouvoir ecclésiastique. Pas encore diabolisées, les femmes n’en sont pas moins surveillées.
Dans le Sud-Ouest, terre de passages et d’hérésies, la figure de la sorcière émerge, comme ailleurs en Europe. Elle est le résultat d’une construction religieuse, politique et misogyne. À partir du 14e siècle, les pratiques magiques sont considérées comme crimes hérétiques. Elles deviennent punissables de mort. Le diable s’infiltre dans les peurs collectives. Le sabbat, fameuse assemblée de sorcières, est alors décrit de manière très concrète par les démonologues. Largement diffusée des 15e au 17e siècles, cette vision fantasmée fait de la sorcellerie une réalité.

Au 18e siècle, les sorcières existent toujours mais les bûchers se sont éteints. Dans l’œuvre de Goya, la sorcière occulte devient celle par qui l’artiste en appelle à la raison, dénonce l’ignorance et la crédulité humaines.

La magie revient aussi à des fonctions plus domestiques. La  « sorcellerie de voisinage » soigne et guérit, invente et réinvente une médecine populaire. Le savoir se transmet oralement, de mère en fille, dans les cuisines et les greniers, entre herbiers, potions et grimoires. Dans les campagnes du Sud-Ouest, on consulte des rebouteuses, désenvoûteuses ou cartomanciennes.
Dans les Landes de Gascogne, les histoires de sorcières se racontent au coin du feu. Les croyances sont vivantes et tenaces. La stigmatisation du corps des femmes persiste. La psychiatrie du 19e siècle s’intéresse notamment à la mélancolie et à l’hystérie, faisant de la femme un objet d’expérimentations.


«Tremblez, tremblez ! Les sorcières sont parmi nous » a reçu le label Exposition d’intérêt national attribué par le ministère de la Culture aux musées de France pour la présentation des expositions remarquables.

Exposition visible du 16 octobre 2026 au 23 mai 2027.

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