Il y a quelques années, on pouvait encore considérer que les collectifs autochtones des hautes latitudes, entre autres, se trouvaient aux avant-postes du changement climatique. Cette question concerne à présent tout un chacun. Ici et ailleurs, les forêts brûlent, les glaciers et les montagnes s’effondrent, les rivières sortent de leur lit, les vents forcissent et la mer monte. Les éléments se manifestent, et leurs débordements reposent la question existentielle de l’habitabilité de la terre. « Comment faire face à l’animation hors de contrôle des grands flux géophysiques ? » est devenue une interrogation lancinante et collective.

La chaire CNRS Habitabilité de la terre et transitions justes a tenu trois années de séminaires de recherche afin de réhistoriciser les concepts qui structurent les pratiques modernes de monitoring environnemental, et d’entamer un processus de redescription des dispositifs politiques et entrepreneuriaux visant à trouver des solutions techniques aux crises écosystémiques (transition énergétique, géoingénierie).

Leur attention se focalise sur les modes d’existences, passés et présents, d’ici et d’ailleurs, qui nous permettent de faire varier nos imaginaires intellectuels et politiques, et de provincialiser les prises conceptuelles avec lesquelles nous nous référons généralement au monde extérieur. Du « paysage » aux « ressources » en passant par la « nature » récemment remplacée par le « vivant »,  nous cherchons ici non seulement à prendre acte des dualismes persistants qui nous empêchent de penser autrement les mouvements des grands flux géophysiques, mais aussi à rendre audibles et visibles d’autres modes de relations à ce qui déborde les limites de l’humanité.

Leur intention est de travailler collectivement à l’émergence de nouvelles réponses, qui passent par d’autres manières de penser nos relations aux êtres et entités qui composent nos mondes et rendent nos milieux de vie habitables. Il s’agit, depuis une perspective résolument pluridisciplinaire et cosmopolitique, d’ouvrir un espace de reformulation de la cartographie sensible qui oriente nos pensées et actions face aux puissances élémentaires qui se lèvent aujourd’hui.

Cette manifestation réunira chercheurs, artistes, professionnels de la culture et acteurs des transitions autour des questions d’habitabilité de la Terre, de biodiversité, d’anthropologie et de transformations sociétales du 9 au 11 septembre 2026.

  • Mercredi 9 septembre : Des ressources aux puissances élémentaires : reformuler la question climatique
  • Jeudi 10 septembre : Ethnographies élémentaires : perspectives anthropologiques et cosmopolitiques des flux géophysiques
  • Vendredi 11 septembre : Mémoires vives : inventer des dispositifs muséaux et institutionnels alternatifs pour répondre aux crises systémiques

Lieu du colloque
Musée départemental Albert Kahn
2 rue du Port
92100 Boulogne-Billancourt

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