Pourquoi : Dans les années 1980, le « groupe de recherche ethnologique en Anjou » (GREA) qui dépend de l’université catholique de l’ouest a réalisé des enquêtes auprès d’une centaine de vignerons angevins. Cette collecte de mémoire a donné lieu à un ouvrage « Les vignerons en Anjou dans la 1ère moitié du 20eme siècle ». Cet ouvrage est une référence pour le Musée ; il permet de documenter les collections et de remettre les collections liées à cette période dans leur contexte. 30 ans après, l’équipe du Musée a souhaité reprendre ce travail, pour continuer à enrichir la connaissance de ses collections, et des pratiques viticoles angevines. Pour mener à bien ce projet il s’est appuyé sur ses ressources associatives. Principe : En 2012, une commission « mémoire orale » a été mise en place au Musée. Encadrée par la responsable du Musée, elle mobilise quelques bénévoles du Musée – la plupart retraités. Nous avons mis en place un questionnaire, sur la base de celui administré en 1980, définit une méthode de travail en lien avec les archives départementales, et élaboré la liste des personnes à rencontrer. Environ 3 à 4 entretiens sont réalisés chaque année ; ils sont enregistrés (en moyenne durée de 6 à 7 heures d’entretien), transcrits, remis aux personnes enregistrées, et un lexique des termes techniques et locaux est enrichi avec chaque nouvel entretien. Objectif : – pour les publics ? Cette collecte a permis d’enrichir le contenu des présentations dans le musée : pour certains objets, un témoignage audio d’une à deux minutes extrait des témoignages vient expliquer le fonctionnement des objets (par exemple un vigneron explique en quoi un outil lui a permis de faire évoluer son métier). Ils ont aussi permis d’enrichir le contenu pour la rédaction de publications ou d’expositions ; Cette collecte de témoignages permet aussi au public de comprendre que derrière un outil, il y a des hommes du territoire. pour le territoire ? Cette action mobilise des habitants du territoire qui n’ont pas forcément de lien entre eux : collecteurs et transcripteurs, interviewés,etc.. Elle crée du lien entre des personnes d’univers différents (les collecteurs de mémoire ne sont pas forcément en lien avec la profession viticole) ; Cette action permet de conserver la mémoire du territoire. pour la structure ? pour le musée, cette action est un enrichissement permanent ; c’est un apport documentaire, mais aussi une manière de s’implanter sur le territoire et de s’ouvrir aux habitants (c’est grace à cette collecte que nous avons su que la voisine du musée est une ancienne greffeuse : nous l’avons enregistré, présenté un extrait de son témoignage, et elle est ensuite venue au Musée – pour la première fois ! –avec sa famille. C’est une fierté pour elle). Cette action permet de de faire du lien et de montrer le rôle des hommes dans un musée plutôt technique. Resultat : C’est un enrichissement, une ouverture sur les autres donc plus de tolérance.