Premier catalogue pour une collection d’antiquités égyptiennes du MEN

Depuis près de cent ans, le Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN) accueille dans ses murs une remarquable collection d’antiquités égyptiennes. Réunis en grande partie par le Neuchâtelois Gustave Jéquier, un des pionniers de l’égyptologie helvétique, proche du conservateur Théodore Delachaux, les objets qui la constitue ont été choisis pour refléter au mieux l’histoire et les différentes facettes de l’Egypte ancienne.

Le Musée devint pour des générations de visiteurs un lieu privilégié pour découvrir l’univers fascinant de l’Egypte ancienne. Outre la momie de Nakht-ta-netjeret, qui entre dans les collections de la Ville en 1838, et le cercueil de Nes-Mout, offert par le khédive d’Egypte à la fin du XIXe siècle, les visiteurs ont pu ainsi contempler les touchantes statues en bois de Saqqâra, ou encore le très beau visage du masque funéraire de Her-Heret datant de l’époque saïte. L’exposition de référence L’impermanence des choses en présente une série dans ses salles qui interrogent les collections du Musée.

La collection égyptienne de la Ville de Neuchâtel fait partie des ensembles importants de Suisse mais aucun catalogue détaillé n’avait été publié jusqu’à aujourd’hui. Pourtant, depuis les années 1990, plusieurs recherches scientifiques significatives ont fait avancer les connaissances sur cette collection.

Une collection qui questionne

Marquant la réouverture de la Villa de Pury en 2017 après plusieurs années de travaux, l’exposition L’impermanence des choses ne comprend plus de secteur entièrement réservé à l’Egypte. Des antiquités égyptiennes peuvent toutefois être admirées dans quatre salles qui évoquent des thématiques variées : la problématique de la présence d’un corps momifié dans les collections ; l’interrogation sur la place et le statut des objets archéologiques dans un musée d’ethnographie ; la valeur emblématique d’un objet offert à la Suisse par le khédive d’Egypte à la fin du XIXe siècle.

Un ouvrage collectif dirigé par Isadora Rogger

L’Egypte au MEN : regards croisés permet enfin de donner aux œuvres égyptiennes du Musée l’attention qu’elles méritent. L’analyse d’une collection aussi riche nécessitant un travail collectif, plus d’une vingtaine de spécialistes suisses et étrangers ont été mis à contribution pour l’écriture de ce catalogue dont l’édition scientifique a été effectuée par la conservatrice-adjointe Isadora Rogger. Les articles des différents auteurs offrent ainsi des regards croisés sur ces collections.

Dans une perspective d’histoire des sciences, de nombreuses archives ont été mobilisées pour comprendre les raisons de l’arrivée de ces collections à Neuchâtel ainsi que l’évolution des perceptions et de la mise en scène de l’Egypte ancienne dans l’institution.

Ouvrir les portes de l’imaginaire

Grâce aux articles des différents auteurs, qui offrent des regards croisés sur ces collections, l’ouvrage dresse à la fois le bilan des connaissances contemporaines sur les collections d’archéologie égyptienne du MEN, tout en racontant l’histoire de leur découverte et de leurs valorisations ultérieures.

Conçu pour permettre la transmission scientifique des connaissances acquises, L’Egypte au MEN : regards croisés est aussi un ouvrage didactique. Abondamment illustré des photographies d’Alain Germond et de Prune Simon-Vermot, il invite à la contemplation esthétique. Il a été mis en page par le graphiste Oliver Schneebeli de l’agence Strates.

Les émouvantes traces matérielles d’une civilisation disparue exposées dans ses pages à l’esthétique très pure ouvrent les portes de l’imaginaire